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L’Église en bois « Saint Nicolas » de l’ancien ermitage Ştiuborănii, village de Ştioborăni, commune de Soleşti, département de Vaslui (code LMI 2004 : VS-II-m-A-06884)
Bâtie en 1726 par le sommelier Grigoraş Mardare, au milieu d’une forêt séculaire, située dans la partie nord du village, comme église d’ermitage. En 1809, elle était sous l’administration de l’évêché de Roman, et après la sécularisation des biens religieux en 1863 elle devient église de paroisse.
Elle a été déplacée sur l’emplacement actuel entre 1943 et 1945 à cause des glissements de terrain dans la nuit du 29 au 30 mars 1942. Le remontage a été fait par les maîtres du pays : Iorgu Mardare, descendant du fondateur, et Gheorghe Bodaie de Iaşi, sur la base du devis élaboré par V. Moisescu, approuvé par la Commission des Monuments Historiques. À cette occasion, sur le côté sud on a réalisé le porche dans le même style que le monument.
Elle se distingue par l’art de la réalisation du système de cintrage, des piliers séparateurs entre le naos et le pronaos qui tiennent de ce qu’on appelle « baroque moldave », de l’adaptation du matériel au plan désiré, la rareté du plan et la décoration des façades se trouvant à la confluence entre l’art populaire et celui culte. À plan triconque avec pronaos à abside et l’abside de l’autel pentagonale décrochée, la tour-clocher sur le porche, l’entrée située sud, des fondations en pierre, des murs portants de poutres en chêne, fermées en « bride droite », planchers en bois, toit à quatre égouts, faîtage long. Les façades sont décorées d’une ceinture « dents de scie », au-dessus du socle, une autre médiane « en corde » et une frise de claires-voies sous la corniche. Les fenêtres rectangulaires, aux ouvertures en accolade, décorées avec des motifs géométriques, solaires et phytomorphes, augmentent le charme des façades.
L’intérieur se fait remarquer par le mur qui sépare le naos et le pronaos, formé de quatre piliers dont deux adossés, richement ornementés, avec le motif « des cornes de bélier » qui soutiennent le fronteau marqué par une ouverture en accolade. L’art du maître charpentier se distingue aussi par l’habilité de l’exécution des voûtes (hexagonale au niveau du pronaos, octogonale au niveau du naos, demi-calottes – autel et absides), ainsi que par l’adaptation du matériel au plan désiré, réalisé avec des bandes courbes aux nervures « en corde » qui s’unissent en une clef de voûte en forme de rosette, décorée par des éléments géométriques. La jonction entre les voûtes et les murs se fait par l’intermédiaire des poutres à faces obliques, réalisées avec des niveaux comme la cuvette de l’auvent, appuyé sur des consoles sculptées en forme de « tête de cheval ».
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